Coulisses
Créer son site web avec Claude Code : ce que personne ne vous dit
Peut-on vraiment créer un site B2B crédible avec Claude Code ? Ce qui marche, ce qui ne marche pas, et pourquoi 99 % des sites IA se ressemblent tous.
Il y a deux ans, vous aviez trois options pour votre site : une agence à 10 000 €, un freelance à 3 000 €, ou un template Webflow que vous bricoliez le week-end.
Aujourd’hui, il y en a une quatrième : Claude Code. Vous décrivez votre business, il écrit le code, et vous avez un site en ligne dans la journée. C’est vrai, ça marche, et c’est probablement pour ça que vous êtes en train de lire cet article.
Mais il y a un piège, et presque personne n’en parle : la plupart des sites créés avec l’IA se reconnaissent en une seconde. Et pour une boîte B2B, c’est un problème commercial, pas un problème esthétique.
Le test des trois secondes
Faites l’exercice. Ouvrez dix landing pages de startups lancées ces six derniers mois. Vous allez voir revenir, encore et encore :
- le dégradé indigo-violet sur le hero,
- les trois cartes de features (toujours trois),
- les coins arrondis et l’effet verre dépoli,
- une headline générique que personne n’a pris la peine de réécrire.
Vos prospects font ce test sans le savoir. Un acheteur B2B qui évalue trois prestataires et tombe sur un site « visiblement IA » en tire une conclusion immédiate : ils n’ont pas investi dans leur image, est-ce qu’ils investiront dans mon projet ? Vous pouvez perdre un deal à cause d’un dégradé violet. C’est absurde, mais c’est le marché en ce moment.
Pourquoi ça arrive (ce n’est pas la faute de l’outil)
Quand tout le monde tape « crée-moi une landing page moderne pour mon SaaS » dans le même modèle, le modèle sort la même chose. Un modèle d’IA ne sait pas ce qu’est un bon design : il reproduit le design moyen de tout ce qu’il a vu. Et le design moyen, par définition, c’est ce que vous voyez partout.
Autrement dit : le « look IA » n’est pas une limite de Claude Code. C’est le résultat prévisible d’un prompt moyen. Les équipes qui sortent des sites remarquables avec exactement le même outil ne promptent pas mieux. Elles ne promptent pas du tout, au sens classique. Elles donnent à Claude un système : des références design à rétro-analyser, un standard à atteindre, des critères de validation, des règles de copy. Le modèle exécute le système, et le système produit le goût.
C’est toute la différence entre « demander un site à une IA » et « diriger une IA comme on dirige une agence ».
Claude Code est-il le bon choix pour un site B2B ?
Réponse honnête, cas par cas.
Oui, clairement, si vous êtes fondateur ou solopreneur B2B, que votre site est un site vitrine ou une landing d’acquisition, et que vous voulez pouvoir le modifier vous-même chaque semaine sans dépendre de personne. C’est le cas d’usage roi : vous itérez à la vitesse de votre marché, pas à la vitesse de votre prestataire. Et contrairement aux builders no-code, vous possédez le code. Pas d’abonnement, pas de plateforme qui vous enferme.
Oui, mais avec méthode, si l’image compte beaucoup dans votre vente (conseil, produits premium, services chers). C’est faisable, c’est même là que le gain est le plus gros, mais le premier jet ne suffira jamais. Il faut le système complet : références, itérations, assets propres, copy retravaillé.
Non, pas seul, si vous avez besoin d’une plateforme e-commerce complexe ou d’un produit applicatif complet. Claude Code peut le faire, mais ce n’est plus un projet « site web », c’est un projet logiciel.
À quoi ressemble le processus quand il est bien fait
Sans entrer dans le détail opérationnel (on y vient plus bas), voici les quatre étages du système qu’on utilise.
- Les références avant le prompt. On ne décrit jamais un style avec des adjectifs (« moderne », « épuré » : ces mots ne veulent rien dire pour un modèle). On fait analyser à Claude deux ou trois sites d’exception dans votre secteur, et on lui fait produire un design system codifié.
- La boucle de design. Le premier jet donne le squelette. Ensuite, Claude compare son propre travail à une référence « gold standard », section par section, et itère jusqu’à validation. Le jugement devient un critère, plus une humeur.
- La typographie. Le marqueur numéro un du site IA, et l’angle mort de tout le monde. Une police choisie volontairement change plus le rendu que n’importe quelle animation.
- Le copy. Le texte est le premier endroit où on détecte la machine. Il passe par une chasse aux tics d’écriture IA et un benchmark des meilleurs acteurs de votre niche.
Chaque étage a ses prompts, ses pièges et ses critères de validation. Mis bout à bout, ça donne un site qu’on ne peut pas distinguer d’un site d’agence, construit en quelques jours, et que vous pilotez vous-même.
Combien de temps, combien d’argent
Pour situer, sur un site vitrine B2B complet fait avec cette méthode : comptez deux à quatre jours de travail réel (dont une grosse moitié sur les niveaux 2 à 4, c’est là que se joue la différence), un abonnement Claude, et éventuellement quelques dizaines d’euros de génération d’assets visuels. Contre 8 000 à 15 000 € et six à dix semaines pour l’équivalent en agence.
La vraie dépense, c’est l’exigence. L’outil produit vite ; c’est votre niveau d’exigence sur le résultat qui fait le site à 10 000 € ou le site à dégradé violet.
Récupérer le système complet
On a documenté toute la méthode dans un guide actionnable : les prompts exacts en français pour chaque niveau, la mécanique complète de la boucle de design, les cinq principes de copy avec exemples de réécriture avant et après, et la checklist des huit points à valider avant de publier.
Le guide est offert. Il arrive par email, juste en dessous.
